Contre les violences à caractère sexuel, l’arsenal juridique renforcé au Togo
Le gouvernement togolais reste préoccupé contre les cas de grossesse des élèves, apprenants, des cas de violences à caractère sexuel dans les milieux d’apprentissage et décide de consolider l’intérêt général. Dans cette dynamique, outre les cas de sensibilisations et des notes de services des différents ministères notamment celui en charge de l’éducation occupé depuis deux ans par le ministre Dodzi Kokoroko et celui en charge de l’action sociale de Adjovi Lonlongno, l’Assemblée nationale togolaise vient de renforcer l’arsenal juridique.
En effet, en séance plénière de la deuxième session ordinaire de l’année hier mardi 29 novembre 2022, les députés ont procédé à l’examen et à l’adoption de la loi portant protection des apprenants contre les violences à caractère sexuel. Le vote a eu lieu à l’unanimité des députés, présents, de la 6ème législature.

Selon les informations, cette loi, de 41 articles, renforce les mécanismes de prévention de ces actes, protège et accompagne les victimes tout en contribuant à la moralisation de la vie scolaire. Elle complète et renforce les dispositions de la loi n° 2007-017 du 06 juillet 2007 portant code de l’enfant et celles de la loi n° 2015-010 du 24 novembre 2015 portant nouveau code pénal. C’est une preuve, renseigne le parlement togolais, de l’harmonie entre les autorités togolaises, de l’harmonie du Chef de l’Etat dans sa vision avec l’ensemble des institutions du pays.
Pour Yawa Djibodi Tségan, Présidente de l’Assemblée nationale « La représentation nationale est en harmonie avec le gouvernement sur cette volonté de fermeté et de prise de conscience collective. La richesse de notre pays, ce sont nos enfants quels qu’ils soient et de n’importe qui. La République a l’obligation de protéger chacun de nos enfants ». L’adoption de nouveau texte reste donc une fierté partagée. « L’adoption de la présente loi par la Représentation nationale vient donc compléter et renforcer les dispositions et les mesures déjà mises en place. Elle permettra d’améliorer la prévention de ces violences, d’apporter une réponse holistique et intégrée aux victimes et de lutter efficacement contre les grossesses précoces et la déperdition scolaire des filles », a indiqué Adjovi Lonlongno, ministre de l’action sociale, de la Promotion de la femme et de l’alphabétisation. « La protection de l’enfance est au cœur de la République. Il s’agit pour Son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBÉ (Président de la République : ndlr) de garantir à chaque enfant de la République les mêmes chances et les mêmes droits. Cette politique du gouvernement de lutte contre les violences à caractère sexuel représente une précieuse opportunité de mobiliser chacun autour d’un travail collectif et partagé consolidant ainsi l’intérêt général », a souligné Dodzi Kokoroko, ministre en charge des enseignements primaire, secondaire, technique et de l’artisanat.

Des chiffres alarmants en termes de cas de grossesses en milieu éducatif
Selon les informations, en intervalle de moins de trois ans, sur la période 2018 à 2021, 4841 cas de grossesse ont été recensés dans le milieu éducatif sur l’étendue du territoire national. Par ailleurs, ces dernières années au Togo, les violences subies par les jeunes filles dans les institutions éducatives notamment l’atteinte à l’intimité, le harcèlement sexuel, la pédophilie, la séquestration et le viol sont à l’origine de la baisse des résultats scolaires mais aussi du décrochage scolaire selon les mêmes sources.
Ali Legrand
