CNO-TOGO: rattrapé par son passé, Auguste Dogbo suspendu pour une durée illimitée
Les faits sont têtus et l’affaire d’une fausse athlète togolaise aux Jeux olympiques de 2014 continue de livrer ses conséquences. Auguste Dogbo, président du Comité National Olympique du Togo à l’époque des faits est rattrapé par son passé…
Pour violation de la Règle 41 de la Charte olympique (qui régit la nationalité des concurrents aux Jeux Olympiques en imposant que tout athlète soit ressortissant du pays du Comité National Olympique, CNO, qui l’inscrit) et pour manquement grave aux devoirs d’intégrité et de transparence consacrés par le Code d’éthique du Comité international olympique (CIO), Dogbo Yawo Auguste, suspendu le 22 avril 2026 « de toutes activités et de toutes charges administratives techniques et sportives liées à l’Olympisme, au Mouvement Olympique et Non-Olimpique dans son ensemble » pour une période de vingt (20) ans par le Comité Exécutif du CNO-TOGO, est désormais sous sanction plus grave venant de l’Organe suprême de l’institution. En effet, ancien président du CNO-TOGO et même président d’honneur du Comité National Olympique du Togo jusqu’au 22 avril dernier, M. Dogbo, est désormais suspendu à durée illimitée. Cette sentence plus grave émane de l’Assemblée générale ordinaire (AGO) du CNO-TOGO tenue samedi 25 avril 2026 à Lomé. La décision de l’AGO a été prise à l’unanimité par toutes les fédérations régulièrement membres à l’exception de le Fédération Togolaise de Handball (FTHB) absente aux travaux.
Selon les informations, les faits remontent en 2014 aux Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi en Russie. Le Togo a été représenté par Alessia Afi Dipol. Contre toute attente, les recherches démontreront finalement que cette athlète n’a aucun lien avec le Togo mais pourtant « présenté par le Comité National Olympique du Togo » d’alors présidé par Dogbo Yawo Auguste en violation totale de la Règle 41 de la Charte Olympique. Sommé par lettre récemment de fournir des « informations sur la nationalité togolaise de Madame Alessia Afi DIPOL, aux fins de renseigner la revue consacrée aux athlètes togolais ayant participé aux Jeux Olympiques depuis la création du CNO-TOGO », Auguste Dogbo a brillé par son silence malgré une autre lettre de relance quelques jours plus tard. Cette « absence de réponse constitue », souligne-t-on, « un défaut de preuve assimilable à une violation de la Règle 41 de la Charte olympique précitée, ainsi qu’un manquement grave aux devoirs d’intégrité et de transparence consacrés par le Code d’éthique du CIO, lequel impose aux Comités Nationaux Olympiques de garantir la conformité des athlètes et de préserver la crédibilité du Mouvement olympique ».
…Les jeux olympiques bien à l’épreuve du droit
Les faits et le développement ci-dessus en disent long. Les Jeux olympiques et paralympiques constituent, sans conteste, le plus grand rassemblement sportif mondial mais bien cadré par les lois. À l’occasion de leur déroulement, les exploits sportifs se mêlent à la géopolitique, tandis que les valeurs de l’olympisme cohabitent avec le sport business. S’il n’est pas visible à l’œil nu, le droit se trouve au cœur de ces différentes dimensions de la manifestation. Rien ne lui échappe ; tout est sous son empire. Comme le dit Gérald Simon le « monde de droit » qui caractérise le sport transparaît à chaque étape des Jeux, de la candidature à leur organisation jusqu’à la dernière minute de la cérémonie de clôture, en passant par la construction du village olympique, la conclusion des contrats de partenariat juteux, l’inscription des athlètes ou, bien sûr, l’affrontement sportif proprement dit. De bout en bout, les Jeux olympiques et paralympiques sont « saisis » par le droit si bien que les personnes de moralité douteuse ou mieux qui prennent le vilain plaisir d’agir et ou de vouloir agir hors la loi sont évidemment les malvenues.
Ali Legrand
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