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Environnement

Lomé mise sur les savoirs endogènes comme levier de développement durable

Face à l’urgence climatique, chercheurs et experts africains se tournent vers les savoirs locaux. Réunis à Lomé depuis ce 30 mars 2026, ils explorent le potentiel des connaissances endogènes comme levier de développement durable et de résilience environnementale.

La capitale togolaise accueille un colloque international dédié aux « savoirs endogènes et à la lutte contre les changements climatiques et environnementaux en Afrique: enjeux pour l’atteinte aux ODD ».

L’initiative émane du Laboratoire de Recherche sur la Culture, les Arts et le Développement (LARECAD) de l’IRES-RDEC, en partenariat avec le LAHiSPo de l’Université de Lomé et l’INMAAC de l’Université d’Abomey-Calavi.
Durant deux jours, chercheurs, enseignants-chercheurs, experts et acteurs du développement se penchent sur les enjeux liés à l’intégration des savoirs locaux dans les stratégies de lutte contre les changements climatiques, en lien avec les Objectifs de Développement Durable (ODD).

À l’ouverture des travaux, le président du comité d’organisation, le Professeur Komi Kossi TITRIKOU, a rappelé que si la thématique n’est pas nouvelle, elle demeure insuffisamment exploitée. Selon lui, les savoirs endogènes peinent encore à trouver leur place dans un environnement dominé par des modèles scientifiques occidentaux.

Il a retracé l’évolution du concept en Afrique, en s’appuyant sur les travaux de référence du philosophe béninois Paulin Hountondji et de l’historien burkinabè Joseph Ki-Zerbo Depuis les années 1990, ces réflexions ont contribué à repositionner les savoirs endogènes comme un pilier de la recherche et une source d’innovation adaptée aux réalités africaines.
« L’avenir du continent dépendra de sa capacité à valoriser ses propres ressources intellectuelles et culturelles », a-t-il souligné.

Dans un contexte de crise environnementale croissante, les participants entendent démontrer que les connaissances locales peuvent jouer un rôle déterminant dans la gestion durable des ressources naturelles et la résilience des communautés.

Le Directeur de l’INMAAC, Professeur Romuald TCHIBOZO, a pour sa part insisté sur la nécessité d’intégrer ces savoirs dans les politiques publiques, tout en renforçant les dynamiques communautaires. Il a notamment plaidé pour une meilleure reconnaissance des pratiques culturelles dans les stratégies de développement.

Les échanges s’articulent autour de plusieurs axes, dont :
le rôle des savoirs endogènes dans la durabilité ;
la sauvegarde du patrimoine culturel comme facteur de résilience ;
les stratégies de valorisation du patrimoine panafricain.

Ouvrant officiellement les travaux, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac TCHIAKPE, a salué la tenue de ce colloque et exprimé sa confiance quant à la portée des réflexions engagées. Il a mis en avant l’importance des identités culturelles et des savoirs locaux dans la préservation de l’environnement.

À l’heure où l’Afrique est confrontée à des défis climatiques majeurs, ce colloque de Lomé pourrait bien marquer un tournant en replaçant les savoirs endogènes au cœur des solutions durables, entre héritage culturel et innovation adaptée aux réalités du continent.

Marc Okuwé

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