Liberté et Tampa express suspendus : Regret, autres confrères devant le tribunal de Lomé
Accusés de diffamation, deux journaux suspendus de parution pour trois mois. Cette décision de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) a pris effet dès le jeudi 2 février 2023. Les directeurs de publications, le patronat de la presse togolaise (PPT), le Conseil national des patrons de presse (CONAPP) sont indignés.
Pour le PPT, les patrons de presse togolais sont sidérés. Ils estiment que ces sanctions excessives de la Haac visent à museler l’ensemble de la profession. Une position affirmée aussi par le CONAPP.
Selon les informations, Liberté, un quotidien privé, a été poursuivi en justice suite à une plainte de la Première ministre pour diffamation. La justice a condamné le journal à trois mois de suspension et à 15 millions de francs CFA d’amende. Or, cette suspension serait illégale, selon le code de la presse. Mais la cour d’appel a entériné la décision et le patron de presse s’est pourvu en cassation pour dénoncer la suspension.
« Notre perspective maintenant, c’est de saisir la chambre administrative de la Cour suprême pour que la décision de la HAAC soit rapportée », a déclaré tout deçu Médard Amétépé, le directeur de publication.
Le bimensuel Tampa Express, a été suspendu lui aussi suite à une plainte en diffamation du PDG du groupe Bolloré à Lomé. Selon Francisco Napo-Koura, directeur de publication du journal, la Haac a pris une sanction sans gradation : « Il aurait fallu au moins une mise en demeure, un avertissement avant d’aller à une sanction peut-être d’un mois ».
Pour Badjibassa Babaka, ancien journaliste et rapporteur de la HAAC, c’est dans les prérogatives de l’instance de régulation. « La première n’est qu’une décision d’application, d’exécution d’un arrêt de la cour d’appel. Pour Tampa Express, l’instance a considéré qu’il y a des cas de récidive et donc a décidé d’infliger une sanction ».
Actu express et triangle des enjeux devant le juge
Les confrères Isidore Akolor et Gérôme Sossou, respectivement patrons des journaux actu express et triangle des enjeux ont comparu hier, 13 février, par devant le tribunal de grande instance de Lomé pour affaires les concernant. Selon les dernières nouvelles, le dossier est reporté et les parties dans cette affaire devront se revoir dans quelques jours devant la même juridiction. Si la presse reste dérangeant, les convocations, assignations de tout ordre doivent être mesurées et ne devraient pas surtout faire peur si tel est que l’on est dans une logique de démocratie au Togo où chacun agit dans son domaine dans les règles de l’art. Non au nom respect des textes, non au muselement de la presse.
À suivre !
Valentine Bia
